| Contact | Site Nantes | Site Centre-Bretagne

La respiration dans la voix soutenue : un geste spécifique

Les différences avec la respiration «quotidienne»

En prenant connaissance de ces lignes, vous n'avez pas consciencde de votre respiration. Vous pratiquez la respiration du quotidien, qui exige peu d'air. Vous respirez, mais vous n'en avez pas conscience. Votre effort est minimal. Cette respiration calme nous fait consommer un demi-litre d'air toutes les 3 à 4 secondes. Si nous utilisons la voix chantée ou toute autre voix projetée, nous serons amené vers un effort plus important (plus d'air pour une expiration plus longue)

Le volume de l'inspiration s'accroit d'autant plus que les phrases sont longues et le volume vocal important.

L'expiration, qui correspond au moment de production du son, peut être 2 à 3 fois plus longue que dans la respiration du quotidien. Dans certains répertoires très lyriques, les phrases sont particulièrement longues.

Le moment de détente. Les chanteurs se détendent durant leur inspiration. On laisse l'air entrer en nous. Quand, au fil d'une interprétation, la situation se dégrade pour l'interprète, c'est souvent parce que les reprises d'air ne s'accompagnent pas d'un relâchement. Cette situation est différente de la vie courante où on se relâche en expirant.

Les paramètres de la respiration

Il y en a trois : le rythme : la respiration peut être plus ou moins rapide, l'amplitude : la course du mouvement respiratoire est plus ou moins importante, et le type : costal, abdomino-costal ou abdominal. En chant, le rythme de la respiration est contraint par la phrase musicale. L'amplitude se règle sur la longueur des phrases. Quand au type, il est en partie lié au choix techniques de l'interpète.

L'inspiration costale, très pratiquée chez les chanteurs sans expérience technique n'est pas à conseiller. Elle entraîne souvent des mouvements parasites (élévation des épaules notamment) qui ne sont pas nature à libérer l'émission du son.

L'inspiration costo-abdominale (mixte) correspond souvent au meilleur compromis. Elle permet de tenir des longues phrases et est plus facile à réaliser pour beaucoup de chanteurs que l'inspiration abdominale. (elle leur paraît plus naturelle).

L'inspiration abdominale couplée avec une grande amplitude du geste permet d'affronter les répertoires lyriques avec tranquillité. Mais elle n'est pas toujours adapté aux autres styles musicaux.

Pourquoi parle t-on de respiration basse ?

Plus le diaphragme s'abaisse, plus la cage thoracique s'ouvre et plus le volume air entrant est important. Cet abaissement du diaphragme implique une relâchement des muscles abdominaux, d'où la sensation d'inspiration basse.

L'amplitude de l'inspir est lié aux besoins

Plus le volume d'air entrant est important, plus la pression est forte. Les efforts musculaires pour garder l'air sont très importants. S'il ne s'agit que de chanter des phrases courtes, il est contre-productif de se tétaniser en prenant trop d'air. Pour le répertoire de chanson notamment, les phrases ne dépassent pas 4 à 5 secondes. Une respiration costo-abdominale d'amplitude modérée vous permettra de chanter en confort.

Et pourtant on parle beaucoup de respiration abdominale

Jusqu'à une période récente, l'enseignement de la voix suivait les canons du chant classique. L'interprétation des opéras de la fin du XIXème siècle notamment exigeait une respiration basse. Aujourd'hui, la multiplicité des techniques vocales et des styles nous oblige à tenir un discours plus nuancé.

L'air entre tout seul

Beaucoup de chanteurs sont volontaires dans leurs inspirations. Elles sont trop sonores. Il ne faut pas perdre de vue que l'abaissement du diaphragme, en agrandissant le volume disponible à crée une dépression : l'air entre tout seul comme dans un soufflet de cheminée dont on écarte les poignées. Vérifiez-le en faisant le test suivant :

🔹 Inspirer tranquillement par le nez (1 à 2 secondes)

🔹 Emettre le son sssss ou ch le plus longtemps possible (au moins 10 secondes) en fermant les poings.

🔹 Marquez une seconde d'apnée.

🔹 Lâchez le ventre en ouvrant les poings.

L'air pénètre dans le corps instantanément, sans entraves et sans bruit. Votre inspiration est d'abord passive (élasticité naturelle des organes) puis plus active (vous avez perdu beaucoup d'air durant l'expiration). L'ensemble du processus se fait en détente.

Le soutien du chant se fait en 3 temps

🔹 Vous venez d'inspirer profondément pour attaquer votre phrase chantée. Dans un premier temps, la pression à l'intérieur des poumons est très importante, supérieure à la pression externe. Il est donc nécessaire de limiter le débit pour éviter une émission soufflée ou poussée. les muscles inspirateurs (diaphragme notamment), sont au travail.

🔹 Après quelques secondes de chant, la pression externe et la pression interne s'équilibrent.

🔹 Si votre phrase continue, la pression à l'intérieur des poumons s'affaiblit et est insuffisante pour le bon fonctionnement du larynx. La mobilisation des muscles abdominaux permet alors le maintien du débit.

Le contrĂ´le de la pression

Le bon fonctionnement du larynx implique la maîtrise de la pression sous-glottique. c'est ce qu'on appelle soutenir. Si celle-ci est insuffisante, la voix sera atone et limitée dans ses possibilités (c'est souvent le cas des débutants). Si au contraire elle est trop élevée, le larynx régulera cet excès au détriment de la facilité vocale : on dit alors que le chanteur pousse : l'effort devient audible.

Page mise à jour le 10/02/2024

Contact | Mentions légales