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Du souffle au son

Inspirer

La voix soutenue, celle du chanteur, mais aussi du tribun, du comédien, implique une inspiration spécifique. D'une part, les besoins en air sont plus importants, d'autre part, l'inspiration doit nous détendre.

  • La quantité d'air. En situation de repos, nous nous contentons d'un demi-litre d'air par inspiration (toutes les 3 ou 4 secondes). En situation d'effort (sport), nous accroissons le débit en multipliant les inspirations et en inspirant très haut (inspiration pectorale). Aucun de ces modes inspiratoires ne convient pour le chant. Pourquoi ?

  • Parce que d'une part, nos phrases chantées réclament plus d'un demi-litre d'air. Et d'autre part, il est difficile d'envisager une inspiration chaque seconde !

  • Que faire ? inspirer plus bas, là où la cage thoracique est la plus large. L'abaissement du diaphragme et l'ouverture des cotes fonctionnent en synergie, ce qui permet une prise d'air importante. C'est pourquoi on parle pour le chant d'inspiration costo-abdominale ou abdominale.

  • Il est intéressant de remarquer que, dans les exercices de détente qu'on peut pratiquer couramment, le relâchement a lieu pendant l'expiration. Les choses s'inversent pour un chanteur : le moment de la phonation étant celui de l'effort, il est donc impératif de se détendre pendant l'inspiration. En savoir plus.

Soutenir

La parole et le chant sont portés par l'expiration. La pression sous-glottique, c'est à dire la pression dans la trachée sous le larynx porte la vibration laryngée vers l'extérieur. Pour fonctionner dans de bonnes conditions, le larynx nécessite un contrôle de ce flux d'air dans son débit et sa stabilité.

Pour ceci nous utilisons deux séries de muscles : les muscles inspirateurs et les muscles expirateurs. Les muscles inspirateurs (diaphragme, intercostaux externes, scalènes) s'opposent à l'action des expirateurs (abdominaux, intercostaux internes). La simultanéité de ces forces antagonistes permet le contrôle du débit d'air.

Les problèmes de respiration les plus fréquents

  • La prise d'air : le chanteur inspire comme dans la vie courante. Il ne parvient pas à tenir les phrases.

  • L'absence de soutien : Le chanteur chante sans action musculaire : la voix n'est pas tonique, ses possibilités sont limitées.

  • L'excès de pression : Le chanteur «pousse» en envoyant trop d'air. L'émission vocale est dégradée, la tenue de souffle est là aussi limitée.

  • Cette liste n'est pas limitative !

Résonateurs…

Les différentes cavités du conduit vocal (17,5 cm entre les muscles vocaux et le monde extérieur) sont ce qu'on appelle des résonateurs. Un résonateur agit sur le son qui le traverse. On trouve successivement : les ventricules de Morgani, le vestibule du larynx, l'hypopharynx, l'oropharynx, la cavité buccale, l'espace entre les lèvres, et pour certains sons, le cavum et les fosses nasales.

… et formants

Chacun de ces résonateurs se spécialise dans le traitement d'une bande de fréquences : c'est ce qu'on appelle un formant. Ce traitement donne au son ses caractéristiques finales : son timbre. Voici deux exemples

  • Le pharynx renforce de façon préférencielle les fréquences entre 250 et 500 hz

  • La cavité buccale renforce de façon préférencielle les fréquences situées entre 700 et 2500 hz

Articuler

L'articulation est la dernière intervention sur le son avant que celui-ci ne s'épanouisse à l'extérieur. Elle fait intervenir les mouvements du voile du palais, de la langue, de la mâchoire et des lèvres.

Les dégradations du son

De sa naissance au monde extérieur, le son peut ĂȘtre dégradé de différentes manières :

  • A cause de fuites d'air : l'accolement se fait mal; la voix est qualifiée de soufflée, voilée.

  • Par manque d'harmoniques graves : la voix est qualifiée de trop claire, stridente.

  • Par manque d'harmoniques aigues : la voix est qualifiée de baillée, sombre, elle ne porte pas.

  • Par excès de nasalisation : il est dû à un abaissement trop fréquent du voile du palais : une partie de l'énergie sonore passe dans les fosses nasales y compris sur les voyelles non nasales.

  • Par crispation de la langue : un ou plusieurs des 17 muscles de la langue se crispent : la voix devient moins mobile, l'aigu plus difficile. La langue doit pouvoir s'étaler le long des dents du maxillaire inférieur, et son dos ne doit en aucun cas se bomber vers l'arrière.

Certains de ces défauts sont audibles par tout un chacun, d'autres demandent une oreille exercée. C'est à l'enseignant d'être capable de hiérarchiser le travail, et surtout d'adapter son discours et ses conseils à chacun de ses élèves : il n'existe pas d'exercice universel !

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