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La respiration dans la voix soutenue : un geste spécifique

Tout en lisant cette page, vous respirez, mais vous n'en avez pas conscience. Pour une raison très simple : votre effort est minimal. vous prenez peu d'air et vous respirez toutes les 3 ou 4 secondes. Si vous vous adressez à un auditoire dans une relation autre que la conversation courante (chanteur, comédien, orateur, vendeur dans la rue etc), vous utiliserez la voix soutenue.

Les différences avec la respiration «quotidienne»

  • La quantité d'air inspirée s'accroit avec l'allongement des phrases et/ou du volume vocal. Le quotidien se suffit d'un demi-litre d'air par inspiration, la voix soutenue implique un volume plus important.

  • La durée de l'expiration, moment actif du point de vue vocal est beaucoup plus importante que dans la conversation courante. Dans certains répertoires chantés, les phrases sont très longues.

  • Contrairement à toutes les autres situations (y compris le sport), le moment de détente en voix soutenue est l'inspiration et non l'expiration.

Plusieurs types d'inspiration

Il existe plusieurs façons d'inspirer : en sport, l'inspiration est souvent haute, elle sollicite muscles scalènes et pectoraux pour stocker de l'oxygène. Pour la voix, ce n'est pas tant la quantité d'oxygène qui compte, mais plutôt la quantité d'air. Les muscles inspirateurs sollicités sont en premier lieu le diaphragme mais aussi les muscles intercostaux externes. En fonction de l'importance donnée à ces différents muscles et du volume d'air inspiré, l'inspiration sera costale (haute), costo-abdominale ou abdominale (basse). L'inspiration purement costale est à proscrire pour les chanteurs.

Pourquoi parler de respiration basse ?

Plus la quantité d'air inspirée est importante, plus la cage thoracique s'ouvre. Cette ouverture se fait notamment vers le bas et latéralement, par abaissement du diaphragme et relâchement des muscles abdominaux. Avec un abaissement modéré du diaphragme, on ressent une ouverture au niveau des basses côtes (celles qui ne sont pas attachées au sternum). On parle d'inspiration costo-abdominale. Si le relâchement abdominal est plus important, l'inspiration commence par le gonflement du ventre. On parle alors d'inspiration abdominale, qui permet une prise d'air plus importante.

Dans ces conditions, faut-il privilégier l'inspiration abdominale ?

Non, car plus la prise d'air est importante, plus la pression est forte à l'intérieur de la cage thoracique, ce qui implique un effort musculaire important pour garder l'air. Il est donc préférable de ne pas prendre trop d'air, notamment si vous chantez un répertoire avec des phrases courtes (3 à 5 secondes). Prenons 2 exemples. Une chanteuse interprète une chanson à texte dans laquelle le débit des paroles est proche de la voix parlée et les phrases tràs courtes. Si elle utilise l'inspiration abdominale, elle prendra beaucoup d'air, pour n'en utiliser qu'une partie. Cet air stocké impliquera un effort musculaire plus important pour le garder, en pure perte. A l'opposé, une chanteuse qui interprète un air d'opéra avec des phrases plus longues et un volume sonore important doit impérativement inspirer au niveau abdominal.

L'air entre tout seul

Beaucoup de chanteurs se montrent trop volontaires dans leurs inspirations. Elles deviennent bruyantes. La crispation peut entrainer une contraction des épaules. Il ne faut pas oublier que l'abaissement du diaphragme, en agrandissant le volume disponible à l'intérieur de la cage thoracique, crée un effet de dépression : l'air entre tout seul comme dans un soufflet de cheminée dont on écarte les poignées. Vous pourrez le vérifier en faisant l'expérience suivante :

  • Inspirer tranquillement par le nez (1 à 2 secondes)

  • Emettre le son sssss le plus longtemps possible (au moins 10 secondes) en serrant les poings.

  • Maintenez une seconde d'apnée.

  • Lâchez le ventre en ouvrant les poings.

L'air pénètre dans le corps instantanément, sans entraves et sans bruit. Votre inspiration est d'abord passive (élasticité des organes) puis active (vous avez perdu beaucoup d'air durant l'expiration). L'ensemble du processus se fait en détente.

L'expiration du chant se fait en 3 temps

  • Vous venez d'inspirer profondément et vous commencez votre phrase chantée. Dans un premier temps, la pression à l'intérieur des poumons est très importante, supérieure à la pression externe. Le corps tend donc à revenir à une pression moindre par un débit d'air important. Le travail consiste donc à limiter celui-ci par l'action des muscles inspirateurs.

  • Au bout de quelques secondes de chant, pression externe et interne s'équilibrent.

  • Si vous continuez votre phrase, la pression à l'intérieur des poumons devient faible, insuffisante pour le bon fonctionnement du larynx. C'est à ce moment qu'intervient une plus grande mobilisation des abdominaux qui permettent le maintien du débit.

Pourquoi contrôler la pression ?

Le bon fonctionnement du larynx implique une maîtrise de la pression sous-glottique. c'est ce qu'on appelle soutenir. Si celle-ci n'est pas suffisante, la voix sera atone et limitée dans ses possibilités (c'est souvent le cas des débutants). Si au contraire elle est trop élevée, le larynx devra réguler cet excès au détriment de la qualité vocale : on dit que le chanteur pousse : l'effort devient audible.

La notion de forces antagonistes

Le contrôle de la pression s'effectue par l'action antagoniste de différents muscles. Le diaphragme en se contractant est un muscle inspirateur. Les abdominaux en se contractant sont expirateurs.

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