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Le constat

Prenez le temps de lire le cursus des écoles de journalistes françaises. Vous n'y verrez aucun module de travail sur la voix, y compris pour les journalistes audiovisuels. Chacun fait comme il peut : l'empirisme est la règle…  
Et pourtant, nous avons tous remarqué au moins une fois à quel point un journaliste de radio aux prises avec un enrouement est désarçonné. Il s'excuse, se racle la gorge, s'excuse encore…
Heureux ceux qui ont intuitivement construit une émission vocale efficace. Doit-on laisser les autres à l'écart ?

Les contraintes techniques

Elles sont essentiellement liées au débit du texte : plus celui-ci est élevé, plus les contraintes respiratoires sont importantes. La position de travail, l'aspect «pugilatoire» de certaines émissions peuvent constituer un autre type de difficultés. Certaines chroniques également, parce qu'elles sont brèves, sont particulièrement difficiles.. 

Le rapport à la respiration

J'ai fait l'expérience, que tout un chacun peut tenter, de relever sur une chronique de quelques lignes le rythme respiratoire du chroniqueur. Au regard de ce que seraient les respirations logiques en termes de discours et de capacité respiratoire, la comparaison est sans appel : l'inspiration est repoussée au dernier moment, et donc déclenchée par nécessité vitale. La prise d'air est souvent claviculaire et sonore, ce qui est nuisible et peu agréable à entendre. L'organisation du discours qui en découle est surprenante. Un schéma-type semble se mettre en place : en dire le maximum sur un même inspir,
quitte à oublier la ponctuation, puis prendre des respirations de secours, par exemple en scandant les derniers mots d'une phrase. Cette façon de s'exprimer semble se répandre rapidement dans le métier.

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